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La rencontre
Chaque soir, à la sortie de la gare, je me trouvais entraînée par le flot des gens qui, après une longue journée de labeur, pressaient le pas pour retrouver le nid douillet et chaud de leur domicile. Ce soir là ne devait pas être comme les autres; mais je ne savais pas encore ce qui allait changer dans ma vie.
Il est des fins de journées qui marques et celle-ci devait en faire partie, sans aucun doute! Je me dépêchais de retrouver mon chez moi car il ne faisait pas chaud du tout quand, au coin de ma rue, je croisais un jeune homme au regard d'un vert très clair: un regard pénétrant et à la chevelure brune. Il était grand et avait un corps qui en disait long sur sa musculature. Je me suis sentie toute émue devant cette virilité que je devinais à peine sous son pardessus de loden beige. Je le connais cet homme? Me dis-je. Il habite trois pâtés de maisons plus loin que la mienne. Je balbutiais un "bonjour", n'attendant rien en retour. M'avait-il seulement entendu?...
Par un soir de janvier, quelques semaines après, hasard ou destinée? Juste au coin de la rue, nous nous retrouvons nez à nez. Ne sachant que nous dire. Nous nous mettons à rire. Je me sens gênée. Il se perd en mots confus. Et pour couronner le tout, il me marche sur les pieds. S'en suivit un petit: "Aïe"! Il s'empresse de s'excuser et profite de l'instant pour mieux sympathiser, il me propose un café que j' n'ose refuser tant le jeune homme me plaît. Mon orteil me fait bien un peu souffrir; mais il fait tout pour m'aider à traverser la rue jusqu'au café de la place. Désolé par l'incident, il s'empresse auprès de moi et commande deux cafés bien serrés. La barrière est tombée. Nous avons fait connaissance de bien étrange façon. Il ne me lâche pas du regard et ses yeux plongés dans les miens, il sourit je me sens attirées par lui. Mon coeur bat la chamade. Mon instinct de femme me dit que cette émotion est partagée. Ne plus être que deux. Mon souhait vient de s'exaucer: la sale se désemplit tout à coup. Le temps s'est arrêté. Il faudrait s'en aller car la nuit est tombée. Malgré le froid glacial, nous sommes sortis. Émerveillée par ce qui m'arrivait, je jouait les indifférentes quand il me prit d nouveau la main. Je sentais sa chaleur m'envahir, pourtant je tremblais de froid et d'émoi. Il s'en aperçu et me recouvrit les épaules de son imperméable. Nous avons fait un bout de chemin sans parler: les mots n'étaient pas utiles. Nous arrivament au portail de mon jardin. Nous dire "à bientôt" était au dessus de nos forces. Nos coeurs, chavirés par le courant qui passait entre nous, s'emballaient. Ma tête contre sa poitrine percevait les battements accélérés de son coeurs. C'est trop tôt! L'imagination nous emportait et nos corps désiraient aller plus loin...
N'osant plus faire un geste de peur de nous trahir, on se dit "à demain". Il nous faut résister. Faire taire nos désirs. D’un commun accord, nous nous éloignons l'un de l'autre à regret. Il dépose un baiser sur ma joue enflammée puis, s'en va d'un pas lent et tranquille. Il va se retourner. Je le sais! Je le sens. Toujours plantée devant la grille de mon jardin, impatiente, j'espère. Ô! Mon coeur va lâcher! Il se retourne et me fais signe de la main. Son geste m'invite à répondre au sien. Je suis sur un nuage. Je referme la porte tout à ma rêverie; mais j'aurais bien aimé qu'il ne parte pas...
Quelques jours plus tard, Il s'en est revenu sonner à ma grille. À travers les voilages de mes portes fenêtre, je regarde étonnée la silhouette masculine qui se détache très nettement derrière le portail. C’est le jeune homme qui m'a marché sur les pieds. Moi, qui n'y croyais plus? Si calme d'habitude, j'ai les jambes en coton J'entrouvre ma porte d'entrée et je descends les quelques marches donnant sur l'allée qui me conduit à la grille qui me séparent encore de lui. Je défaille en lui ouvrant. Je vais me trouver mal si ça continu! Il devine mon malaise. Il me prend à temps dans ses bras et me sert tendrement. Je me retiens à lui: j'ai la tête qui tourne j'ai peur de tomber. Ses lèvres sur les miennes finissent de me faire défaillir. Un doux baiser qui se veut rassurant m'invite à lui répondre. Je suis envoûtée, déroutée, décontenancée. Il hésite un instant et me dit d'une voix suave: " Nous allons marcher un peu?" Ça vous dit? J'acquiesçais de la tête. Aucun mot n'aurait pu sortir de ma bouche: j'étais comme pétrifiée, les pieds collés au sol. Il me pris encore la main me forçant à bouger une jambe et puis l'autre, me tordant les chevilles à chacun de mes pas. Il sourit et me dit:
- Allons jeune fille! Je vous fais tant d'effet que vous n'arrivez plus à tenir sur vos jolies jambes? Toute rouge et au bord de la crise de nerfs, je me redressait, lâchait sa main et fière comme un pan, je lui montrais que je savais marche sans son aide. Il se mit à rire de bon coeur tandis que trois enjambée devant lui, je fulminais. Il eu vite fait de me rattraper et sans ma permission, il me repris la main.
Ensuite, tout s'enchaîna. Nous sommes allés visiter un musé. Les toiles étaient très belles! Les objets d'art magnifiques; mais nous étions ailleurs et nous n'entendions que le battement de nos coeurs. Nos doigts s'entremêlaient et puis se défaisaient. Nous nous effleurions à peine, nous frôlions sans rien dire; mais nous nous frôlions quand même... Il me parla à l'oreille, me chuchota des mots doux. Son sourire charmeur me déstabilisait. J'étais sous son charme ravageur, toute étonnée de cet amour naissant qui me faisait une boule au creux de l'estomac. Je fus surprise lorsqu'il m'attira à lui, me toucha les cheveux, prit mon visage entre ses mains et tout en m'embrassant, il me dit, amoureusement: "Laissons faire le temps. Il est là, devant nous, notre temps! Il est là pour que nous nous découvrions, nous nous, apprécions, que nous nous apprivoisions et que nous nous aimions. Je vous aime déjà, et vous, jolie demoiselle? M'aimez-vous? J'attendrais la réponse autant de temps qu'il le faudra." Il n'eut pas besoin d'attendre longtemps et dans un souffle, je lui murmurais:
- Moi aussi, je t'aime depuis le premier jour!...

Nouvelle écrite en janvier 2009
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